Un jeune coiffeur tué par les tirs de la Gendarmerie Royale durant les manifestations GenZ212

Un jeune coiffeur tué par les tirs de la Gendarmerie Royale durant les manifestations GenZ212

Mohamed Rahali était un coiffeur de 25 ans, résidant à Leqliâa au Maroc. Il a été mortellement atteint par des tirs de la Gendarmerie royale le 1er octobre 2025 lors des manifestations GenZ212, alors qu’il circulait à vélo.

Mohamed Rahali était un coiffeur de 25 ans, résidant à Leqliâa au Maroc. Il a été mortellement atteint par des tirs de la Gendarmerie royale le 1er octobre 2025 lors des manifestations GenZ212.

Le 1er octobre 2025 une manifestation GenZ212 a lieu devant le poste de la Gendarmerie Royale à Leqliâa, dans un contexte de mécontentement socio-économique exacerbées par la précarité et l'absence d'infrastructures sanitaires adéquates qui affectent la région.  En réponse aux événements, des grenades lacrymogènes ont d’abord été lancées depuis le bâtiment. Entre huit et dix gendarmes ont ensuite quitté les lieux et procédé à des tirs dans plusieurs directions, lesquels se sont prolongés au cours de poursuites dans les rues environnantes.

Mohamed Rahali circulait à vélo cette nuit-là dans une ruelle proche du poste de la Gendarmerie royale où se déroulait une manifestation du mouvement GenZ212, lorsqu’il a été atteint par des tirs par les autorités. Selon l’enquête de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), il ne représentait aucune menace au moment des faits.

La famille de Rahali a appris le décès à travers une vidéo circulant sur les réseaux sociaux le soir du 1er octobre. Elle n’a obtenu la confirmation officielle du décès que le lendemain à midi, après avoir mené des recherches dans plusieurs hôpitaux. L’accès au rapport d’autopsie leur a été refusé au nom du  « secret de l’enquête » et les effets personnels de Rahali restent retenus pour « expertise ».

L'intervention des gendarmes le 1er octobre 2025 a fait trois morts au total : Abdelhakim Derfidi, Abdessamade Oubalat et Mohamed Rahali, et au moins douze blessés, dont plusieurs par balles réelles.

Une enquête a été ouverte et confiée à la Gendarmerie royale, posant un réel problème d'indépendance. Dès le 2 octobre 2025, le Procureur général du Roi a justifié l'usage des armes par la légitime défense lors d'une conférence de presse. Depuis, les familles n'ont reçu aucune information sur l'avancement de l'enquête et les résultats des autopsies ne leur ont jamais été communiqués, malgré des demandes répétées. Selon l'AMDH, les blessures constatées, notamment dans le dos des trois victimes, sont incompatibles avec une situation de légitime défense et témoignent d'un usage disproportionné de la force.

Aucune mesure conservatoire n'a été annoncée à l'encontre des agents impliqués, qu'il s'agisse de suspension administrative, de retrait d'armes ou d'ouverture de procédures disciplinaires. Aucun engagement public n'a été pris quant à la poursuite des responsables directs ou hiérarchiques, ni quant à la mise en place de mécanismes de réparation pour les familles.

En février 2026, l'AMDH et MENA Rights Group ont saisi les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires et sur les droits à la liberté de réunion pacifique afin qu'ils interpellent les autorités marocaines. Ils leur ont demandé d’interpeller les autorités marocaines afin de clarifier les circonstances des décès et de s’assurer que des enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces soient ouvertes, conformément au droit international des droits humains et au Protocole du Minnesota.

Timeline

24 février 2026 : L’Association marocaine des droits humains (AMDH) et MENA Rights Group addressent une lettre d’allégation à plusieurs titulaires de mandats au titre des procédures spéciales de l’ONU.
2 octobre 2025 : Le Procureur général du Roi tient une conférence de presse et justifie l’usage des armes par la légitime défense.
2 octobre 2025 : La famille de Rahali apprend son décès après de longues recherches dans plusieurs hôpitaux.
1 octobre 2025 : Dans la soirée, le parquet près la Cour d’appel d’Agadir ordonne l’ouverture d’une enquête judiciaire, confiée aux services de la Gendarmerie royale.
1 octobre 2025 : Mohamed Rahali est tué à Leqliâa par la Gendarmerie royale alors qu’il circulait à vélo lors d’une manifestation GenZ212.

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