Un ouvrier tué par balles par la Gendarmerie royale lors des manifestations GenZ212 au Maroc

Un ouvrier tué par balles par la Gendarmerie royale lors des manifestations GenZ212 au Maroc

Abdelhakim Darfidi était un ouvrier en bâtiment de 35 ans, ayant résidé à Leqliâa au Maroc, avant d’être mortellement atteint par des tirs de la Gendarmerie royale le 1er octobre 2025 lors des manifestations GenZ212 lorsqu’il rentrait du travail à vélo.

Abdelhakim Darfidi était un ouvrier en bâtiment, âgé de 35 ans et ayant résidé à Leqliaa avant d’être tué par balles par la Gendarmerie Royale pendant une manifestation GenZ212 lorsqu’il rentrait du travail à vélo.

Le 1er octobre 2025 une manifestation GenZ212 a lieu devant le poste de la Gendarmerie Royale à Leqliâa, dans un contexte de mécontentement socio-économique exacerbées par la précarité et l'absence d'infrastructures sanitaires adéquates qui affectent la région.  En réponse aux événements, des grenades lacrymogènes ont d’abord été lancées depuis le bâtiment. Entre huit et dix gendarmes ont ensuite quitté les lieux et procédé à des tirs dans plusieurs directions, lesquels se sont prolongés au cours de poursuites dans les rues environnantes.

Selon l'enquête menée par l'Association marocaine des droits humains (AMDH), Abdelhakim Darfidi revenait de son travail à vélo et avait emprunté un itinéraire secondaire en raison du blocage de la route principale. Il a été mortellement atteint par balle dans une ruelle latérale, en dehors du périmètre immédiat du siège de la brigade, lors d'une opération de poursuite de manifestants. Abdelhakim Darfidi était simplement de passage et ne représentait aucune menace pour les forces de l'ordre.

La famille n'a été informée du décès que le lendemain, le 2 octobre vers 10h00, après plusieurs recherches entreprises dans différents hôpitaux. Elle a finalement appris qu'Abdelhakim Darfidi se trouvait à l'hôpital Hassan II d'Agadir. Le corps n'a été remis à la famille que le 3 octobre.

L'intervention des gendarmes le 1er octobre 2025 a fait trois morts au total : Abdelhakim Darfidi, Abdessamade Oubalat et Mohamed Rahali, et au moins douze blessés, dont plusieurs par balles réelles.

Une enquête a été ouverte et confiée à la Gendarmerie royale, posant un réel problème d'indépendance. Dès le 2 octobre 2025, le Procureur général du Roi a justifié l'usage des armes par la légitime défense lors d'une conférence de presse. Depuis, les familles n'ont reçu aucune information sur l'avancement de l'enquête et les résultats des autopsies ne leur ont jamais été communiqués, malgré des demandes répétées. Selon l'AMDH, les blessures constatées, notamment dans le dos des trois victimes, sont incompatibles avec une situation de légitime défense et témoignent d'un usage disproportionné de la force.

Aucune mesure conservatoire n'a été annoncée à l'encontre des agents impliqués, qu'il s'agisse de suspension administrative, de retrait d'armes ou d'ouverture de procédures disciplinaires. Aucun engagement public n'a été pris quant à la poursuite des responsables directs ou hiérarchiques, ni quant à la mise en place de mécanismes de réparation pour les familles.

En février 2026, l'AMDH et MENA Rights Group ont saisi les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires et sur les droits à la liberté de réunion pacifique afin qu'ils interpellent les autorités marocaines. Ils leur ont demandé d’interpeller les autorités marocaines afin de clarifier les circonstances des décès et de s’assurer que des enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces soient ouvertes, conformément au droit international des droits humains et au Protocole du Minnesota.

Timeline

24 février 2026 : L’Association marocaine des droits humains (AMDH) et MENA Rights Group addressent une lettre d’allégation à plusieurs titulaires de mandats au titre des procédures spéciales de l’ONU.
3 octobre 2025 : Le corps de Darfidi est remis à sa famille.
2 octobre 2025 : Le Procureur général du Roi tient une conférence de presse et justifie l’usage des armes par la légitime défense.
2 octobre 2025 : La famille de Darfidi apprend son décès après de longues recherches dans plusieurs hôpitaux.
1 octobre 2025 : Dans la soirée, le parquet près la Cour d’appel d’Agadir ordonne l’ouverture d’une enquête judiciaire, confiée aux services de la Gendarmerie royale.
1 octobre 2025 : Abdelhakim Darfidi est tué par balle à Leqliâa par la Gendarmerie royale lors des manifestations GenZ212.

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