Malik Riahi détenu pour son activisme en faveur des droits humains en Algérie

Malik Riahi détenu pour son activisme en faveur des droits humains en Algérie

Malik Riahi est un défenseur des droits humains algérien engagé dans le mouvement du Hirak, très suivi sur les réseaux sociaux pour ses retransmissions en direct des manifestations. Il avait déjà été emprisonné pour avoir publié une vidéo montrant des violences policières à l'encontre d'un mineur et a depuis fait l'objet de nouvelles poursuites judiciaires à la suite de sa rencontre avec le Rapporteur spécial des Nations unies Clément Voule en 2023. Il a été arrêté en février 2025 et se trouve actuellement en détention.

Malik Riahi est un défenseur algérien des droits humains qui s'est activement engagé dans le mouvement du Hirak et qui était très suivi sur les réseaux sociaux pour ses retransmissions en direct des manifestations.  Le 19 septembre 2023, Riahi a rencontré l’ancien Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de réunion pacifique et d’association, Clément Voule. La rencontre a eu lieu suite à l’invitation du Rapporteur spécial dans un hôtel de la wilaya d’Oran. En sortant de la rencontre, Riahi a été suivi par une voiture transportant des individus en tenue civil.

Le 20 septembre 2023, Riahi a été convoqué dans un commissariat de police de la wilaya d'Aïn Temouchent, où il a été interrogé pendant environ une heure en l'absence d'un avocat. Au cours de l'interrogatoire, les agents de sécurité l'ont longuement interrogé sur sa rencontre avec le Rapporteur spécial, notamment sur le sujet de la rencontre, les questions abordées, l'identité des militants présents et les défenseur·euse·s des droits humains qui avaient pris la parole. Les questions relatives à la rencontre avec le Rapporteur spécial n'ont pas été consignées dans le procès-verbal d'interrogatoire. Selon le PV, la convocation de Riahi était liée à sa solidarité avec les prisonniers d'opinion. Il a ensuite été relâché. 

Le 12 octobre 2023, le tribunal de première instance de Bouira a condamné Riahi à 18 mois d'emprisonnement. L'affaire trouve son origine dans une plainte déposée par la direction de la prison Saïd Abid de Bouira contre Malik Riahi, Mahmoud Beloucif, Sofiane Rebaïa et Zakaria Guerfa, après que ceux-ci aient porté plainte pour mauvais traitements et agressions commis par des agents de sécurité. L'administration pénitentiaire avait refusé d'enregistrer leur plainte, à la suite de quoi le procureur du tribunal de Bouira a décidé de les poursuivre en justice. 

Le 30 octobre 2023, des expert·e·s des droits humains de l’ONU ont adressé une communication aux autorités algériennes, dans laquelle ils exprimaient leur inquiétude quant à l'arrestation et à la détention de Riahi à la suite de sa rencontre avec le Rapporteur spécial Clément Voule.

Le 15 avril 2024, le MENA Rights Group a soumis le cas de Riahi au Secrétaire général des Nations unies, avant la préparation du rapport annuel sur les actes d'intimidation ou de représailles dirigés contre ceux qui coopèrent avec l’ONU dans le domaine des droits humains.

Le 19 mai 2024, Riahi et 25 autres militants du Hirak ont été condamnés par le tribunal d'Annaba, en première instance, à deux ans d'emprisonnement. Les accusations étaient basées sur l'article 95 bis du Code pénal, relatif à la réception de fonds étrangers. Aucun mandat de dépôt n'a été délivré.

Le 26 septembre 2024, le Secrétaire général des Nations unies a évoqué le cas de Riahi dans le rapport de 2024 sur les actes d'intimidation ou de représailles dirigés contre ceux qui coopèrent avec l’ONU dans le domaine des droits humains.

Le 10 octobre 2024, dans le cadre d’une autre affaire visant Riahi et plusieurs autres militants, dont Mohamed Tadjadit, Chems Eddine Lallami, Sofiane Rebaïa, Souhaib Debaghi et Mohamed Khaled, le procureur a requis une peine de trois ans d’emprisonnement et une amende. Ils ont été poursuivis pour « diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique » en vertu de l’article 196 bis du Code pénal, « incitation à un rassemblement non armé » en vertu de l’article 100 du Code pénal, et « diffusion publique de contenus préjudiciables à l’intérêt national » en vertu de l’article 96 du Code pénal.

Le 8 décembre 2024, Riahi a été condamné en appel à 18 mois d’emprisonnement par la chambre criminelle du tribunal de Bouira, confirmant ainsi la peine prononcée par le tribunal de première instance de Bouira le 12 octobre 2023. Les prévenus ont été poursuivis pour « outrage à une autorité constituée » en vertu de l'article 146 bis du Code pénal et pour « rébellion » en vertu de l'article 183 du Code pénal. Ayant déjà purgé sa peine d'emprisonnement, Riahi n'a pas été placé en détention à la suite de ce jugement.

Le 22 février 2025, lors de la commémoration du sixième anniversaire du Hirak, Riahi a été arrêté. Après son arrestation, sa famille n'a reçu aucune information sur le lieu où il se trouvait, et il a été détenu au secret pendant plusieurs jours.

Le 25 février 2025, Riahi a comparu devant le procureur du tribunal de Sidi Mhamed et a été inculpé d’« outrage à une autorité publique », d’« outrage au président de la République », de « diffusion et propagation auprès du public d’informations fausses et mensongères susceptibles de mettre en danger la sécurité et l’ordre public », d’« incitation à un rassemblement non armé » et d’« affiliation à un groupe terroriste ».

Le 2 mars 2025, la famille et les avocats de Riahi ont été informés pour la première fois du lieu où il était détenu.

Le 25 avril 2025, le MENA Rights Group a soumis une nouvelle fois le cas de Riahi au Secrétaire général des Nations unies, avant la préparation du rapport annuel sur les actes d'intimidation ou de représailles dirigés contre ceux qui coopèrent avec l’ONU dans le domaine des droits humains.

Le 24 septembre 2025, le Secrétaire général des Nations Unies a évoqué son cas dans le rapport de 2025 sur les actes d'intimidation ou de représailles dirigés contre ceux qui coopèrent avec l’ONU dans le domaine des droits humains.

Riahi est toujours en détention provisoire à la prison de Kolea, dans l'attente de son procès.

Le 15 avril 2026, le MENA Rights Group a soumis le cas de Riahi, pour la troisième fois, au Secrétaire général des Nations unies, avant la préparation du rapport annuel sur les actes d'intimidation ou de représailles dirigés contre ceux qui coopèrent avec l’ONU dans le domaine des droits humains.

Timeline

15 avril 2026 : MENA Rights Group soumet le cas de Riahi au Secrétaire général des Nations unies dans le cadre de la préparation du rapport de 2026 sur les représailles.
24 septembre 2025 : Riahi est mentionné dans le rapport de 2025 du Secrétaire général des Nations unies sur les représailles.
25 avril 2025 : MENA Rights Group soumet le cas de Riahi au Secrétaire général des Nations unies en vue de la préparation du rapport de 2025 sur les représailles.
25 février 2025 : Riahi est mis en examen par le procureur du tribunal de Sidi M’hamed.
22 février 2025 : À l'occasion du sixième anniversaire du Hirak, Riahi est arrêté et placé en détention au secret.
8 décembre 2024 : Riahi est condamné en appel à 18 mois d'emprisonnement par la chambre criminelle du tribunal de Bouira.
10 octobre 2024 : Le procureur requiert une peine de trois ans d'emprisonnement et une amende à l'encontre de Riahi.
26 septembre 2024 : Riahi est mentionné dans le rapport de 2024 du Secrétaire général des Nations unies sur les représailles.
19 mai 2024 : Riahi est condamné par le tribunal d'Annaba, en première instance, à deux ans d'emprisonnement.
15 avril 2024 : MENA Rights Group soumet le cas de Riahi au Secrétaire général des Nations unies dans le cadre de la préparation du rapport 2024 sur les représailles.
30 octobre 2023 : Des expert·e·s onusiens adressent une communication aux autorités algériennes concernant l'arrestation de Riahi.
12 octobre 2023 : Le tribunal de Bouira condamne Riahi à 18 mois d'emprisonnement.
20 septembre 2023 : Riahi est convoqué au poste de police pour y être interrogé.
19 septembre 2023 : Riahi rencontre le Rapporteur spécial des Nations unies Clément Voule en Algérie.

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