{"id":5439,"date":"2026-05-05T12:48:35","date_gmt":"2026-05-05T10:48:35","guid":{"rendered":"http:\/\/wp-staging.menarights.org\/case_profile\/ghame-achour-salem-0\/"},"modified":"2026-11-03T09:14:05","modified_gmt":"2026-11-03T08:14:05","slug":"ghame-achour-salem-0","status":"publish","type":"case_profile","link":"https:\/\/menarights.org\/fr\/case\/ghame-achour-salem-0\/","title":{"rendered":"La d\u00e9put\u00e9e abolitionniste mauritanienne Ghame Salem priv\u00e9e de ses droits civils et politiques pendant cinq ans"},"content":{"rendered":"<p>Ghame Achour Salem est une d\u00e9put\u00e9e mauritanienne, engag\u00e9e aupr\u00e8s de l\u2019Initiative de R\u00e9surgence du Mouvement Abolitionniste (IRA). C\u2019est une figure engag\u00e9e dans la d\u00e9fense des droits humains et de la dignit\u00e9 des populations autochtones d\u2019ascendance africaine.<\/p>\n<p>Dans la soir\u00e9e du 9 avril 2026, la d\u00e9put\u00e9e abolitionniste <a href=\"https:\/\/menarights.org\/fr\/case\/mariem-cheikh-samba-dieng-0\/\">Mariem Dieng<\/a> a organis\u00e9 un \u201clive\u201d sur Facebook au cours duquel elle a d\u00e9nonc\u00e9 les discriminations et les violations des droits humains subies par les militant\u00b7e\u00b7s abolitionnistes issu\u00b7e\u00b7s de la communaut\u00e9 Haratine, historiquement victime d\u2019esclavage et de marginalisation. \u00c0 la suite de ce live, Dieng a \u00e9t\u00e9 violemment arr\u00eat\u00e9e \u00e0 son domicile avec son nourrisson \u00e2g\u00e9 de trois mois.<\/p>\n<p>Le 10 avril 2026, aux alentours de 14 heures, Ghame Salem a diffus\u00e9 un \u201clive\u201d sur Facebook au cours duquel elle a d\u00e9nonc\u00e9 l\u2019arrestation et la disparition de sa coll\u00e8gue Mariem Dieng et de son nourrisson. Elle y a \u00e9galement contest\u00e9 la l\u00e9galit\u00e9 de cette arrestation, intervenue malgr\u00e9 l\u2019immunit\u00e9 parlementaire de cette derni\u00e8re. Vers 16 heures, des hommes arm\u00e9s et encagoul\u00e9s, en tenue civile, se sont pr\u00e9sent\u00e9s au domicile de la d\u00e9put\u00e9e \u00e0 bord de deux v\u00e9hicules sans immatriculation. En pr\u00e9sence de son mari et de leurs enfants, les agents ont contraint Salem \u00e0 monter dans l\u2019un des v\u00e9hicules. Ils ont refus\u00e9 d\u2019indiquer \u00e0 sa famille le lieu vers lequel elle \u00e9tait emmen\u00e9e.<\/p>\n<p>Peu apr\u00e8s son arrestation, le minist\u00e8re de la Justice a publi\u00e9 un communiqu\u00e9 concernant l\u2019arrestation des d\u00e9put\u00e9es Salem et Dieng. Selon ce document, les deux \u00e9lues auraient, lors de diffusions en direct sur les r\u00e9seaux sociaux, commis des faits susceptibles de constituer des infractions p\u00e9nales. Le minist\u00e8re estimait que la retransmission en direct des faits relevait d\u2019un cas de flagrant d\u00e9lit, excluant l\u2019application de l\u2019immunit\u00e9 parlementaire. Par ailleurs, le communiqu\u00e9 ne mentionnait pas l\u2019enl\u00e8vement du nourrisson de Mariem Dieng et ne pr\u00e9cisait pas le lieu de d\u00e9tention des deux d\u00e9put\u00e9es et de l\u2019enfant.<\/p>\n<p>Les familles et avocats de Salem et Dieng ont entrepris des d\u00e9marches r\u00e9p\u00e9t\u00e9es aupr\u00e8s des commissariats et des parquets de Nouakchott afin de conna\u00eetre leur lieu de d\u00e9tention, sans obtenir de r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Le 16 avril 2026, MENA Rights Group a saisi en urgence le Comit\u00e9 des Nations unies sur les disparitions forc\u00e9es (CDF) au nom des deux femmes et du nourrisson de Mariem Dieng.<\/p>\n<p>Le 20 avril 2026, le CDF a adress\u00e9 une communication aux autorit\u00e9s mauritaniennes, les appelant \u00e0 clarifier sans d\u00e9lai les lieux de d\u00e9tention de Ghame Salem et de Mariam Dieng et son nourrisson. Ce m\u00eame jour, Salem et Dieng ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es au procureur pr\u00e8s le tribunal de Nouakchott Ouest. Leurs avocats ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s et ont pu assister \u00e0 l\u2019audience afin de les repr\u00e9senter. L\u2019acc\u00e8s au tribunal a toutefois \u00e9t\u00e9 restreint \u00e0 toute autre personne, notamment aux familles des deux d\u00e9put\u00e9es, qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 en mesure de leur rendre visite depuis leur arrestation.<\/p>\n<p>Le parquet a inculp\u00e9 les deux \u00e9lues pour \u00ab outrage d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 aux symboles nationaux par le biais des m\u00e9dias num\u00e9riques, et diffusion de propos racistes visant \u00e0 porter atteinte \u00e0 la paix civile et \u00e0 la coh\u00e9sion sociale via les r\u00e9seaux sociaux \u00bb et \u00ab menaces et diffamation, incitation \u00e0 des rassemblements en vue de perturber l\u2019ordre public, calomnie et diffamation, et incitation \u00e0 la violence \u00bb. A l\u2019issue de l\u2019audience, le procureur a ordonn\u00e9 leur placement en d\u00e9tention provisoire dans l\u2019attente de leur proc\u00e8s.<\/p>\n<p>Ghame Salem a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 la prison pour femmes avant d&rsquo;\u00eatre admise \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital en raison de probl\u00e8mes de sant\u00e9.<\/p>\n<p>Le 29 avril 2026, MENA Rights Group a soumis une plainte au Comit\u00e9 des droits de l\u2019homme des parlementaires de l\u2019Union Interparlementaire, sollicitant son intervention aupr\u00e8s des autorit\u00e9s mauritaniennes en faveur de Mariem Dieng et de Ghame Salem.<\/p>\n<p>Le 4 mai 2026, le tribunal correctionnel de la wilaya de Nouakchott Ouest a statu\u00e9 en premi\u00e8re instance sur les cas de Ghame Salem et Mariem Dieng. Les deux d\u00e9put\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9es \u00e0 quatre ans de prison ferme, assortis de la fermeture de leurs comptes et pages \u00e9lectroniques, ainsi que d\u2019une amende. Ghame Salem a \u00e9t\u00e9 reconduite \u00e0 la prison pour femmes.<\/p>\n<p>Les avocats n\u2019ont \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9s au proc\u00e8s que la veille. Apr\u00e8s avoir soulev\u00e9 l\u2019incomp\u00e9tence de la juridiction, sans \u00eatre entendus, le collectif de d\u00e9fense a choisi de se retirer de l\u2019audience estimant que sa pr\u00e9sence ne ferait que donner une apparence de proc\u00e8s \u00e9quitable \u00e0 une proc\u00e9dure qui n\u2019en respectait pas les principes. Devant le tribunal, les forces de l\u2019ordre ont violemment r\u00e9prim\u00e9 les manifestants venus soutenir les deux parlementaires, faisant plusieurs bless\u00e9s.<\/p>\n<p>Le 1er juillet 2026, le proc\u00e8s en appel de Ghame Salem et Mariem Dieng s\u2019est ouvert devant le tribunal de Nouachott Ouest. Les avocats des parlementaires ont \u00e9t\u00e9 les seuls autoris\u00e9s \u00e0 assister \u00e0 l&rsquo;audience. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la salle d\u2019audience a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 \u00e0 toute autre personne, y compris leurs proches.<\/p>\n<p>A l\u2019ext\u00e9rieur du tribunal, de nombreux\u00b7euses militant\u00b7e\u00b7s s\u2019\u00e9taient rassembl\u00e9\u00b7e\u00b7s pour apporter leur soutien aux deux d\u00e9put\u00e9es et d\u00e9noncer un proc\u00e8s jug\u00e9 liberticide. La manifestation a \u00e9t\u00e9 violemment r\u00e9prim\u00e9e par les autorit\u00e9s et un grand nombre de personnes a d\u00fb \u00eatre transport\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4pital en raison des blessures inflig\u00e9es.<\/p>\n<p>Le 8 juillet 2026, le tribunal a rendu son verdict et condamn\u00e9 Ghame Salem et Mariem Dieng \u00e0 deux ans de prison ferme en appel, assortis d\u2019une privation de leurs droits civils et politiques pour une dur\u00e9e de cinq ans. Cette d\u00e9cision entraine la perte de leur statut de d\u00e9put\u00e9es et les emp\u00eache de se pr\u00e9senter \u00e0 des \u00e9lections pendant cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p>Dans la soir\u00e9e du 9 juillet 2026, la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique a annonc\u00e9 par d\u00e9cret que la gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 Ghame Salem et Mariem Dieng et qu\u2019elle comprenait la remise du reste de leurs peines d\u2019emprisonnement, ainsi que l\u2019annulation des amendes et des frais de justice. Les deux d\u00e9put\u00e9es, ainsi que le nourrisson de Mariem Dieng, ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s de prison le 10 juillet 2026.<\/p>\n<p>Dans les jours qui ont suivi, les avocats des deux d\u00e9put\u00e9es ont introduit un recours devant la Cour supr\u00eame contre la d\u00e9cision rendue en appel.<\/p>\n<p>Suivant la gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle, un grand d\u00e9bat a eu lieu quant \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation de celle-ci, notamment sur la question de savoir si elle entra\u00eenait ou non la restitution de leurs droits civils et politiques. Le Conseil constitutionnel a tranch\u00e9 cette question le 15 juillet 2026, en affirmant que Ghame Salem et Mariem Dieng conservent leur si\u00e8ge \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale jusqu\u2019\u00e0 ce que la Cour supr\u00eame se prononce sur leur affaire.<\/p>\n<p>Le mardi 29 septembre 2026, la Cour supr\u00eame a confirm\u00e9 le verdict de la Cour d\u2019appel. Ghame Salem reste graci\u00e9e de la peine de prison, mais est d\u00e9sormais officiellement priv\u00e9e de ses droits civils et politiques pour une dur\u00e9e de cinq ans. Cette d\u00e9cision entra\u00eene la perte de son mandat parlementaire et l\u2019emp\u00eache de se pr\u00e9senter \u00e0 une \u00e9lection pendant cinq ans.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ghame Achour Salem est une d\u00e9put\u00e9e mauritanienne, engag\u00e9e aupr\u00e8s de l\u2019Initiative de R\u00e9surgence du Mouvement Abolitionniste (IRA). C\u2019est une figure engag\u00e9e dans la d\u00e9fense des droits humains et de la dignit\u00e9 des populations autochtones d\u2019ascendance africaine. Dans la soir\u00e9e du 9 avril 2026, la d\u00e9put\u00e9e abolitionniste Mariem Dieng a organis\u00e9 un \u201clive\u201d sur Facebook au [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":5440,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_thinkrank_schema_form_data":"","_thinkrank_selected_schema_type":"","_thinkrank_additional_schemas":"","_thinkrank_canonical_url":"","_thinkrank_og_title":"","_thinkrank_og_description":"","_thinkrank_og_image":"","_thinkrank_twitter_title":"","_thinkrank_twitter_description":"","_thinkrank_twitter_image":"","_thinkrank_imported_from":"","_thinkrank_focus_keywords":[],"_thinkrank_focus_keyword":"","_thinkrank_robots_meta_enabled":0,"_thinkrank_robots_meta":"[]","_thinkrank_advanced_robots_meta":"[]","_thinkrank_exclude_from_search":0,"_thinkrank_exclude_from_archives":0,"_thinkrank_primary_category":0,"_xspeed_no_cache":false,"_xspeed_expiry_hours":0},"ak_country":[198],"ak_topics":[210],"class_list":["post-5439","case_profile","type-case_profile","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","ak_country-mauritania","ak_topics-arbitrary-detention"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/menarights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/case_profile\/5439","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/menarights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/case_profile"}],"about":[{"href":"https:\/\/menarights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/case_profile"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/menarights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/menarights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5440"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/menarights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5439"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ak_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/menarights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/ak_country?post=5439"},{"taxonomy":"ak_topics","embeddable":true,"href":"https:\/\/menarights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/ak_topics?post=5439"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}