Les défenseurs des droits humains djiboutiens Osman Yonis Bogoreh et Said Abdilahi Yassin soumis à des mesures de représailles

Les défenseurs des droits humains djiboutiens Osman Yonis Bogoreh et Said Abdilahi Yassin soumis à des mesures de représailles

Le 24 octobre 2019, MM. Osman Yonis Bogoreh et Said Abdilahi Yassin ont été arrêtés par la police à Djibouti (ville). M. Osman Yonis Bogoreh a été libéré deux jours plus tard avant d’être de nouveau arrêté par les Service de documentation et de sécurité le 30 octobre 2019, puis de nouveau remis en liberté le 4 novembre 2019. M. Said Abdilahi Yassin a quant à lui été libéré le 30 octobre 2019. Les deux hommes ont tous deux affirmé à la LDDH avoir été soumis à des actes de torture dans le cadre d’une détention au secret.
Latest Updates
8 novembre 2019: MENA Rights Group, la Ligue djiboutienne des droits humains, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme et l'Organisation mondiale contre la torture, dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme saisissent le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme.
4 novembre 2019 : Libération d’Osman Yonis Bogoreh.
30 octobre 2019 : Libération de M. Said Abdilahi Yassin et nouvelle arrestation d’Osman Yonis Bogoreh.
26 octobre 2019 : Libération de M. Osman Yonis Bogoreh
24 octobre 2019 : Arrestation de MM. Osman Yonis Bogoreh et Said Abdilahi Yassin

M. Osman Yonis Bogoreh a été arrêté une première fois le 24 octobre 2019 par des policiers en civil à Djibouti (ville) alors qu’il enquêtait en tant que journaliste sur un cas de viol collectif de plusieurs policiers sur des femmes d’origine éthiopienne. Selon des témoins oculaires, M. Osman Yonis Bogoreh a été violemment battu par les policiers au moment de son arrestation.

Son lieu de détention est resté inconnu pendant plus de 24 heures, avant qu’il ne soit finalement libéré le 26 octobre 2019 à 1h30 du matin. Durant la période qui s’est écoulée entre son arrestation et sa libération, il aurait été maintenu attaché, sans vêtements, à un arbre dans le désert, près de la localité de Goubetto en périphérie de la capitale. Il n’a, par ailleurs, eu accès ni à de la nourriture ni à de l’eau potable. Il aurait été interrogé sur de supposés liens avec la radio d’opposition Radio Boukao et le cyberactiviste franco-djiboutien M. Samatar Ahmed Osman Omar, connu sous le pseudonyme de « Huno Djibouti ». Durant cet interrogatoire, il aurait reçu à plusieurs reprises de violents coups au niveau des reins afin de lui infliger un niveau de douleur particulièrement élevé tout en minimisant les traces extérieures de coups. Le lieutenant qui le gardait l’a également filmé nu, le menaçant de diffuser cette vidéo s’il venait à parler de ses conditions de détention une fois libre.

Le 30 octobre 2019 aux alentours de 19h, M. Osman Yonis Bogoreh a de nouveau été arrêté par des membres des SDS quatre jours après avoir été libéré par la police. Il a finalement été libéré le 4 novembre 2019 dans la soirée.

M. Said Abdilahi Yassin, un autre membre du parti d'opposition MRD et de la LDDH, a également été arrêté par la police sur la voie publique à Djibouti (ville) le 24 octobre 2019. Il a ensuite été transféré à l’académie de police de Nagad, en périphérie de la capitale où il a été détenu au secret sans avoir la possibilité de contacter sa famille ou son avocat. Le 28 octobre, il a été transféré vers un lieu inconnu avant d’être remis en liberté le 30 octobre, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. Pendant sa détention, M. Said Abdilahi Yassin a également été victime d’actes de torture : privé d’eau et de nourriture, il a été frappé à de nombreuses reprises par ses gardiens, qui l’ont également insulté et humilié.